Mes yeux viennent se plonger dans ton décolleté. Tes hanches viennent cogner mon cœur anesthésié. Pourtant, ce jour-là, c’est toi qui es venu me trouver.
Aujourd’hui, sur la route de ta chaumière plus je m’avance et plus je tremble de joie. T’es qu’une goutte d’eau qu’on doit poser là.
C’est ta voix liée à ton sourire qui me ressource. Inexplicable besoin de toi. Besoin de toi comme la pluie a besoin de ses nuages. Tenir tes mains et tes petits doigts carrés. Les cheveux enroulés derrière tes oreilles, je passe ma main encore une fois dans le jardin de ton crâne. À tes oreilles, j’ai envie de leur susurrer les mots qui émoustillent tes lèvres, ceux qui laissent apparaître tes fossettes où je tomberai même. C’est ta silhouette si féminine qui donne tant de force à ta démarche de femme libérée. Force de caractère. T’es qu’une rose enivrante contre laquelle bien trop souvent je me suis piqué. T’es qu’une fleur au milieu du désert ; dernière et éternelle survivante de la main brûlante des hommes.
Il faudrait que je te déplie pour te plier, il faudrait que je te froisse pour te défroisser.
Du haut de tes talons et de ta silhouette d’acier si tu pouvais chuter pour je puisse te rattraper. Si seulement tu pouvais te laisser aller alors je pourrais te consoler puis t’enlacer de toute ma musculature rouillée.
J’aimerais avoir ton cœur à réchauffer et à épousseter. Puis le poser là au bord de la cheminé.
Que l’on puisse partir tous les deux, les mains enchaînées puis qu’on aille se perdre dans l’océan comme les rivières viennent mourir dans les estuaires. De temps en temps, je pourrais être ton étang et toi le fleuve qui s’écoulerait en moi. Un paisible étang, miroir du ciel, aucune impureté.
Se préoccuper seulement de notre amour, se détacher du monde matériel, juste un instant, juste un instant. Que nos songes se mélangent ! Tu circules dans mes veines ; je t’ai dans la peau et je n’y peux rien. Tu es irrémédiablement là, t’es là comme le ciel, t’es là comme le soleil, irrémédiablement et infiniment là.
Laisse tomber tes épines afin que je puisse me frotter à toi. Laisse-moi encore sentir ton parfum. Laisse-moi te déraciner, laisse-moi t’arroser. Pour une fois, laisse-toi faire, laisse-moi faire.
Pour un court instant je serai tes yeux, pour un court instant je serai tes pas ; ton guide. Je te montrerai ce que je vois en toi, je te montrerai ce que tu ne vois pas en moi.
Alors laisse-moi faire.
Nos corps perdus dans le néant de la mère nuit. Nos corps inconscients et en activité se frottent à allumer un feu devenu incendie au milieu du noir. Un éclair puis la nuit.
Ton insolence ? J’aimais tant la voir s’échapper lorsque tu t’évanouissais dans tes rêves insouciants. Ton visage était alors vêtu d’une douceur infinie, de toute ta beauté de femme, de toute la beauté de ta fragile nature. Si de temps en temps et si seulement tu aurais pu montrer ta vulnérabilité.
Combien de fois ai-je pu passer ma main sur ton visage d’ange égaré ? Émotion insaisissable !
J’attends assis là au bal des amoureux que tu me désignes afin d’entrer dans ta danse infernale et endiablée. J’attends cette danse pour que nos corps enlacés s’enflamment comme des torches au milieu de l’arène des regards envieux, le battement de nos cœurs serait déjà synchrone comme le claquement de nos pas sur le sol braisé.
Dansons l’amour jusqu'à n’en plus pouvoir ! Pour un tango infernal dans le feu du soleil !
Aujourd’hui, je vole par-dessus les mers glacées me voyant refusé cette danse.
Je repars dans ma boîte à musique là où le mécanisme des émotions arrive encore à me faire frémir.
Penser encore à ta poitrine, à tes fesses, à tes hanches ; à tes formes. Te serrer contre mon buste jusqu’à en crever.
D’un anonyme à mesdames.

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